【国际参考】瑞幸咖啡: 谁割谁韭菜?Luckin Coffee, la tricherie chinoise

— 【中国】,2020年5月14日,国际媒体

Luckin Coffee, qui voulait détrôner Starbucks, ci-après

如果说方方是主动给美国人递子弹,瑞幸就是被动给美国人递导弹,瑞幸事件告诉全世界中国人是骗子,跟方方日记共同组成了政治攻讦工具,让中国从政府到民间都被视为骗子,这才是最可怕的地方”。上面视频是4月【瑞幸】出事事的报道;下面是墙外华文媒体这几日(一个多月后)的报道;后面(法语)是关心中国事物的“观察家”的报告:中国【作假成性】

国务院出手!瑞幸咖啡在劫难逃

瑞幸造假案已经过了1个月,事发之后瑞幸公关很漂亮,引发了割美帝韭菜请国人喝咖啡的褒奖热潮,当时有人写文章就说这个观点荒谬,事实果然证明了这个判断,国务院介入了,CEO和COO也被撤职了。

I)  先来点惊悚的:瑞幸造假案是历史上首例中国监管层对赴美上市公司的调查案,首例!首例!而且是工商总局和公安部先介入调查,之后才是证监会,这意味着什么,大家自己悟。

再简述下今天的最新进展:CEO钱治亚和COO刘剑被董事会撤职,大老板陆正耀离开治理委员会,瑞幸高层大换血。现在中美打通了海外监管的合作通路,瑞幸凭借一己之力促进了“中美友好”,厉害,厉害。

以前的资本大佬在海外玩得飞起,通过VIE架构搞出了一套中国独有的海外圈钱直通车,赚得盆满钵满。大佬们之所以肆无忌惮,正是由于人和公司在中国,美方不好监管,而股票在美国挂的牌,中方也不好过问,再加上VIE架构的注册地往往是开曼群岛这些避税天堂,中美双方的工商部门都管不了,这就打了政策的擦边球,两边得利,相当于三重国籍。

2020年3月1日,中国刚通过新的《证券法》,规定在境外的证券发行和交易活动中扰乱境内市场秩序的,政府有权追究法律责任。新规出台刚刚一个月,瑞幸就爆雷了。

1月底,浑水发布长篇报告指出瑞幸造假,当时的瑞幸还在负隅顽抗。突发疫情让全国陷入恐慌,瑞幸的门店都关了,陆正耀不敢做此回应。

3月底,各路资本都在质疑瑞幸,空头们虎视眈眈,瑞幸的财务造假快要捂不住了,而这时候新《证券法》已经出台,陆正耀两头堵,真是入地无门。

4月2日,瑞幸顶不住舆论压力,自曝财务造假22亿人民币,引发资本市场动荡,单日暴跌75.6%,让股东们血本无归。你以为这就完了?两天之后瑞幸停牌,浑水乘胜追击,指出瑞幸自曝的22亿依然是骗局,实际的造假数字无法想象,这家公司的价值为 0。

为了狙击瑞幸,浑水的准备工作做得太严密了,他们雇了1000多个人,在全国53个城市的门店全天候录像,总录像长达11260小时,把瑞幸咖啡的客流量和交易完整记录了下来。

此外,浑水的卧底打入了瑞幸的店长群,抓出瑞幸通过跳号的形式虚增销量的实锤,我是真的服气。

浑水指出瑞幸2019Q3的单店销售额被夸大至少69%,2019Q4则被夸大至少88%,他们收集了25843张小票,发现瑞幸的单杯价格被夸大了至少12.3%,广告费用却被虚增了150%,这些多出来的钱通过关联交易回到了瑞幸公司,又用来充当其每个门店的收入。

与此同时,瑞幸的管理层套现了他们手中49%的股票,占总股本的24%,他们一边粉饰太平,一边暗中撤退,把股权一股脑甩给散户,陆正耀的神州系那么缺钱,就靠瑞幸咖啡输血了,所以能看懂资本市场的都明白,瑞幸咖啡就是一台圈钱机器,圈谁的钱?投资人的钱。

很明显,瑞幸自曝22亿造假是迫于形势找台阶下的高明战术,瑞幸自以为假装认罪,把数字报小一点就能躲过惩罚,然而他们失算了…

4月3日,中国证监会表态,“对财务造假行为表示强烈谴责。”

4月15日,国务院金融委会议称,最近一段时间,某些上市企业涉及财务造假等侵害投资者利益的恶劣行为,监管部门要依法加强投资者保护,确保上市公司真实、准确、完整、及时的信息披露,“某些上市企业”,矛头暗指瑞幸咖啡。

4月22日,银保监会副主席曹宇表态称:“瑞幸咖啡财务造假事件性质恶劣、教训深刻,银保监会将积极配合主管部门依法惩处”。话声刚落,国家就开始行动,瑞幸咖啡的高层们瑟瑟发抖。

II) 4月26日,瑞幸咖啡北京总部门口停有一辆工商执法车辆,随后又有另一批身着制服的公安部执法人员进入,紧接着,证监会也派调查组进驻瑞幸总部,行使长臂管辖权。

4月27日,瑞幸承认了这些事情,说公司正在积极配合有关部门的调查,公司及全国门店运营正常。

除了三大部门协力调查,多位审计人员也在对瑞幸的财务状况进行审计,证监会还表示要敬畏市场、敬畏法治、敬畏投资者,愿与包括美国在内的境外监管机构加强合作,共同打击跨境违法行为。

从这时刻起,瑞幸基本可以宣告凉凉。

当然,最令瑞幸心凉的还是国务院副总理刘鹤在51期间主持召开了金融委会议,5月4日,刘鹤听取了打击资本市场造假的进展汇报,在会议中强调对造假行为零容忍。

咳咳,这个会议嘛,一起参与的还有央行行长易纲,央行副行长郭树清,外汇管理局局长潘功胜,证监会主席易会满,都是大名鼎鼎的人物,能让这么多大人物重视,陆正耀也算“活够了”。

其实熟悉资本市场的都知道财务造假是常规操作,乐视网、獐子岛、康美药业、康得新、万福生科,太多了,列都列不完,性质比瑞幸咖啡严重的多得是,包括赴美上市的中概股,分众传媒、新东方、辉山乳业、安踏体育,哪个不是大案,但都没有被上升到政治层面,唯独瑞幸撞到了枪口上。

我们国家是审批制,严进宽出,上市难,但上市之后的监管相对较松,退市案例少之又少。美国恰恰相反,他们是注册制,宽进严出,上市易,但上市之后的公众监督密不透风,更有连续 30天股价低于1元自动退市的规定,平均每年超过 500 家企业退市,非常苛刻。

除了上市、退市的制度差异,美国还有完整的做空机制,融券的券源非常广,个股期权还能做空,所以做空是一种常见的赚钱手法,浑水就是专门搞这一行的。

平时被做空也就罢了,中概股在美国退市的累积达到了107家,不差再多一个瑞幸,但目前恰恰处在疫情导致的“第三次世界大战”之中,这时候的中美关系处在冰点,双方都要找机会捅对方,舆论战打得火热,瑞幸事件相当于给美国递了刀。

大家夸瑞幸割老美的韭菜,为国争光,我只能说各位对经济政治太不了解,瑞幸造假的实锤被美国证监会上纲上线,直接扩散到中国全体公司的诚信问题,引发了做空狙击的热潮,美方甚至以中国人缺乏诚信为由,把战场拉到了疫情有无隐瞒的问题上,不得不说老美深谙舆论战的精髓。

瑞幸造假是一回事,被利用是另一回事,一个普通的经济案件偏偏在不恰当的时候出现,这就变成了国际事件和政治事件,这才是它性质严重的地方。

瑞幸事件开启了中概股倒塌的多米诺骨牌,好未来、跟谁学、爱奇艺、世纪互联等一大票中概股均被做空机构盯上,中国企业被美国的空头打成了筛子。

有人觉得瑞幸在美国融资11亿美元,骗了老美77亿,心里感觉倍儿棒,拜托,你们知道浑水做空的时候瑞幸市值多少吗?120亿美元!现在呢?只剩11亿美元!空头赚了多少钱?够不够弥补多头的损失?

瑞幸的持股70%是中国人,陆正耀占30.5%,钱治亚占股19.7%,大钲资本黎辉占股11.9%,愉悦资本刘二海占股6.8%,剩余小股东合计31.1%,光是陆正耀和钱治亚就占了一半。

瑞幸股价暴跌的损失,是多数中国人加少数美国人一起扛的,而以浑水为首的做空机构却全是美国的,这群狼在瑞幸身上赚了上百亿,中美谁赚谁亏,答案显而易见。

更何况瑞幸牵连无辜,导致大批中概股市值缩水,而本打算赴美上市的中国企业遭到严厉审查,有6个大单都黄了,中国的间接损失再添几百亿,大家现在明白瑞幸造假的后果了吧?

瑞幸的确是先割了美国人的韭菜,但是被局部反杀,再被整体反杀,最后中国企业集体被埋,这才有了高层的介入。如果你以为靠造假就能为国争光,那也太不把商业底线和美国那帮金融精英放在眼里了

III) 瑞幸事件进一步引发海外投资者对中概股的不信任,证监会第一时间对外表明严正立场,并就跨境监管合作事宜与美国证监会沟通,局面非常被动。

当下正是A股被纳入全球MSCI指数的关键时期,我们正在加紧步伐吸引外资,推动A股的国际化,因为瑞幸事件,证监会还从4月开始大力审查A股造假,截止4月24日,已有22家上市企业因财务造假被立案调查,向公安机关移送涉嫌犯罪的案件多达6起,反噬力度相当大。

瑞幸曾购买了2500万美元保额的董责险,即董监高责任保险,早把锅甩给保险公司了,目前理赔事宜尚未定论。瑞幸知道自己造了假,迟早败露,所以投保也算利用了信息不对称。

看到瑞幸的操作之后,近一个月有60家A股企业跟着买董责险,美的集团买了8000万美元的保额,著名的温氏股份、昆仑万维、财通证券也在此列,瑞幸还促进了保险业的发展,我只能说666。

为什么抢着买董责险,你懂的,目前从瑞幸方面得到的消息是,一把手陆正耀不会背锅,涉案人员多半被定为CFO、COO等职位,作为可以被替代的高管,自觉把锅背好。

根据最新的《证券法》和中美合作监管的力度,瑞幸的涉事人员十有八九会担负刑责,问题只在于坐多久的牢

这事儿用 LOL 打个比方,瑞幸先拿了美国人的 First blood,但友军集体残血,被美国人反杀,然后 Double kill,Triple kill,Quadra kill,最后 ACE ——团灭。

在大家为一血沾沾自喜,大夸瑞幸干得漂亮的时候,团灭结局都给你们准备好了 🙂

Luckin Coffee, la start-up qui voulait détrôner Starbucks

Elle devait prendre la place du géant américain du café sur le marché chinois. Mais la chaîne Luckin Coffee a pâti de sa stratégie : ventes à perte et automatisation au détriment de l’expérience client en magasin. Le même aventurisme soutenu par le capital-risque qu’Ofo, le pionnier du vélo partagé en Chine. L’enquête récemment ouverte pour fraude présumée vient enfoncer le clou. Une histoire révélatrice des strat-ups chinoises.

Fondé pour rivaliser avec Starbucks, la chaîne chinoise de café Luckin Coffee est accusée de fraude.

Le 2 avril dernier, le titre de Luckin Coffee plongeait d’environ 81 % après que la société cotée au NASDAQ eut annoncé une enquête interne sur des transactions frauduleuses de 310 millions de dollars au cours du second trimestre 2019. La fraude aurait été commise par le directeur des opérations de l’entreprise, suspendu de ses fonctions depuis décembre 2019, en plus d’un nombre indéterminé d’employés. Le lendemain, la Commission chinoise de réglementation des valeurs mobilières (CSRC) annonçait qu’elle avait à son tour ouvert une enquête sur la fraude présumée de Luckin Coffee.

UNE STRATÉGIE DANS LA SILICON VALLEY VOUÉE À L’ÉCHEC

Fondé en 2017 pour devenir un champion national à même de détrôner Starbucks de sa position dominante sur le marché chinois, Luckin Coffee a depuis été surnommé le « rival » de la chaîne de café américaine. Sa réputation était d’emblée si prometteuse que la marque chinoise a su facilement convaincre de grands acteurs du secteur financier tel que le fonds souverain de Singapour GIC et l’Américain BlackRock d’investir dans son projet d’expansion. Et pour couronner le tout, Luckin est devenu une société publique cotée au NASDAQ en mai 2019 : son introduction en bourse lui permettra de lever 561 millions dollars et le titre finira sur une hausse de 20 % à sa première journée sur la place financière new-yorkaise.

La stratégie de Luckin Coffe était simple : la guerre d’usure. Luckin utiliserait des fonds de capital-risque en plus des fonds levés lors de son entrée en bourse pour s’étendre rapidement partout en Chine. La chaîne offrirait de nombreuses remises sur la nourriture et les boissons afin de prendre des parts de marché au géant américain. Malheureusement pour Luckin, ce plan était voué à l’échec depuis le début.

D’emblée, Luckin Coffee a davantage ressemblé à une start-up de la tech qu’à une véritable chaîne de café. De fait, la « chaîne » chinoise n’offrait que rarement des places assises et les clients étaient – et sont toujours – obligés de télécharger son application mobile pour accéder au menu et commander. En temps normal, la commande est préparée en magasin et livrée au client via l’un des nombreux services de livraison comme Eleme ou encore Meituan. Le client peut également se déplacer et récupérer sa commande à un comptoir physique de son choix, mais l’application reste incontournable pour passer commande. Autrement dit, la chaîne n’accepte pas de paiements en espèce, ce qui peut parfois être frustrant. Compte tenu de la domination des plateformes de paiement mobile, il est compréhensible que les options préférées soient WeChat Pay ou encore Alipay. Mais une compagnie qui refuse un client parce qu’il désire payer cash est quelque peu bizarre.

Par ailleurs, la rivalité avec Starbucks afin de « reconquérir » le marché chinois a entraîné une guerre des prix qui a abouti à d’énormes réductions pour les consommateurs. Ce faisant, Luckin a essuyé une perte nette sur pratiquement tous ses articles vendus. Certes, la chaîne chinoise n’offre pas un « café de luxe » et la qualité du café n’est pas pertinente ici. Cela dit, Luckin se propose à tout consommateur ayant un besoin rapide de caféine, bien en dessous du prix de Starbucks. Cette approche – vendre constamment à perte – ne dérangeait pas Luckin qui en fait « jouait » avec l’argent de quelqu’un d’autre. Plus étrange : les investisseurs n’ont pas semblé se soucier du fait que Luckin Coffee enregistrait des pertes importantes d’un trimestre à l’autre. C’est l’une des raisons qui expliquent la comparaison initiale à une start-up de la tech et non à une chaîne de café. L’entreprise chinoise a réussi à convaincre ses investisseurs qu’elle allait au bout du compte dégager des bénéfices importants et que les pertes actuelles devaient être perçues comme des investissements. C’est en fait un peu le même discours que des Uber, Lyft ou WeWork. Malgré tout, les pertes de Luckin sont devenues si importantes qu’en avril 2019, la chaîne a dû mettre en garantie ses machines à café afin de pouvoir obtenir davantage de financement.

Autre écueil, l’absence de place assise a fini par réduire de manière considérable l’attrait et le « prestige » de Luckin Coffee par rapport à son rival américain. Or en Chine, le café est toujours lié à « l’expérience » d’un endroit physique, d’un café. La qualité du café – même si les opinions sur le sujet évoluent – est la plupart du temps secondaire. Et c’est sur ce point que Starbucks a réussi à gagner le cœur des consommateurs chinois. La chaîne américaine leur offre une expérience complète – ambiance, lumières parfois tamisées, musique et décoration soignée. Ce que Luckin n’a, semble-t-il, pas jugé prioritaire.

De plus, à regarder la planification de Luckin Coffee sur le long terme en matière d’automatisation, l’image de la start-up technologique réapparaît. Luckin a investi massivement dans la robotique intelligente afin d’automatiser très largement son service de livraison, la préparation de la nourriture et des boissons, en plus de son service de commande. C’est à se demander si tout cela faisait partie de la stratégie initiale de Luckin ou si l’entreprise a été emportée par la frénésie autour de l’intelligence artificielle.

Au final, la stratégie de Luckin qui consistait à gagner des parts de marché en les prenant à Starbucks est un échec. Aussi, les récentes accusations de fraude commerciale prouvent que Luckin Coffee ne peut pas être considéré comme un rival sérieux du géant américain. Depuis la création en 2017 de la chaîne chinoise et son expansion agressive partout en Chine, Starbucks n’a jamais flanché, et encore moins ses parts de marché. L’Américain est tout simplement trop bien implanté sur le marché chinois. À moins de circonstances extraordinaires, le consommateur moyen choisira « l’expérience » Starbucks plutôt que Luckin. Pourquoi le Chinois a-t-il tenté de s’en prendre à l’Américain de cette façon ? D’autres chaînes comme Pacific Coffee et Costa, déjà sur le marché chinois depuis un certain temps, n’arrivent même pas à la cheville de Starbucks.

UNE HISTOIRE TROP FAMILIÈRE

L’histoire de Luckin est cependant révélatrice du secteur des start-ups en Chine comme de l’industrie mondiale du capital-risque et du capital investissement. Il existe bien trop de fonds non déployés ou pas encore investis par les différents fonds privés. Ainsi ces derniers sont-ils prêts à se lancer dans pratiquement toute start-up qui n’offre qu’un faible retour sur investissement. Ces entreprises mondiales et leurs capitaux respectifs se sont récemment frayés un chemin en République populaire. Au deuxième trimestre de 2018, la Chine dépassait les États-Unis en matière de financement de la part de sociétés de capital-risque. Mais la présence d’une grande quantité de capital-risque prêt à être déployé ne garantit en rien qu’il y aura de bonnes start-ups dans lesquelles investir, en particulier en Chine où l’argent rapide trompe souvent l’innovation.

En Chine, les start-ups technologiques sont tout à fait capables d’adapter au marché marché chinois des concepts déjà testés en Amérique du Nord ou même en Europe. En particulier lorsque le service est absent dans l’empire du milieu, la start-up peut facilement faire évoluer le concept et offrir un retour sur investissement intéressant. Exemple avec Uber et Didi Chuxing, le Chinois étant une quasi-réplique de l’Américain. Cependant, des problèmes majeurs surgissent lorsque le capital-risque commence à affluer vers des start-ups de moins bonne réputation, voire au projet absurde.

Pour les observateurs moins avisés, le plan de Luckin pouvait sembler fantastique. Rappelons-nous la bulle du vélo partagé. Elle avait commencé, pour ainsi dire, avec Ofo, une société fondée en 2014 à Pékin. Ce type de start-up permet aux clients de louer des vélos qui se trouvent un peu partout sur un territoire urbain donné par le biais d’une application mobile. Plusieurs de ces start-ups étaient considérées comme « tech », malgré un développement technologique plutôt faible. Malgré les différences de chaque entreprise, l’idée de départ se fondait sur le versement par l’utilisateur de frais d’abonnement initial – peu onéreux – ou d’un dépôt avant de déverrouiller son vélo. Certaines entreprises facturent par la suite en fonction du temps passé sur le deux-roues, ou encore en fonction de la distance parcourue. En ce sens, le coût d’utilisation de ces vélos demeurait minime, ce qui convenait aux grandes villes chinoises comme Pékin, où il faut généralement parcourir de longues distances.

Les problèmes ont commencé lorsqu’un grand nombre de start-ups similaires ont imité Ofo. La suite de l’histoire est connue : l’offre de vélo a largement dépassé la demande, entraînant une guerre des prix sans merci. Avec le recul, Ofo s’est montré trop agressif dans son expansion. Après s’être étendu partout en Chine, l’entreprise a rapidement lancé une division internationale. En 2017, Ofo possédait 10 millions de vélos dans 250 villes et dans 20 pays. À ce stade, la compagnie était valorisée à plus de deux milliards de dollars – une valorisation quelque peu ridicule.

Le début de la fin pour Ofo a débuté en 2018. Le pionnier du vélo partagé en Chine n’a pas réussi à fusionner avec son plus grand concurrent, Mobike, et s’est fait dépasser par Didi Chuxing. Dès lors, Ofo a commencé à se retirer des marchés étrangers. Sans surprise, son expansion trop agressive a entraîné d’importants problèmes de liquidité pour Ofo qui n’est plus parvenu à reprendre le dessus.

Le coup de grâce s’est produit en octobre 2018. Les clients ont commencé à exiger en masse le remboursement de leurs dépôts, créant ainsi un effet de retrait massif pour Ofo. En janvier 2019, l’entreprise chinoise a dissous sa division internationale. Aujourd’hui à Pékin, des vélos Ofo se trouvent encore éparpillés un peu partout à travers la ville, généralement entassés près des stations de bus et de métro.

RAPPEL À LA PRUDENCE

Ces start-ups à la manière d’un « feu de paille » sont encore beaucoup trop courantes en Chine. L’abondance du capital-risque mondial ne fait qu’alimenter le problème. Pourtant, les bon connaisseurs du marché chinois avaient vu venir l’effondrement inévitable d’Ofo dès lors que sa stratégie d’expansion était devenue trop agressive. À son lancement, l’entreprise de vélo partagé était bien utile aux Pékinois. Mais devenir une marque reconnue à travers le monde n’était qu’un rêve. Le vélo partagé avait certes réussi à prospérer à Pékin et dans d’autres grandes villes de Chine en raison des limitations dans l’obtention du permis de conduire combiné aux embouteillages qui paralysent le système routier. Cependant, ce ne sont pas là des conditions universelles. La demande pour ce type de service a un plafond rigide. Le succès d’Ofo a suscité la création de plusieurs autres sociétés quasi identiques. Cette concurrence exponentielle ajoutée aux multiples erreurs stratégiques a entraîné sa chute.

Alex Payette

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